DESU Juriste Internationaliste de Terrain pour les Droits de l'Homme Appliqués

Pourquoi avoir créé ce DESU ?

Au cours des quinze dernières années, l'on a assisté à un tournant dans la gestion des crises internationales, à deux égards. D’une part, l’action d’urgence, lors du pic de crise, est ressentie comme insuffisante, même si elle demeure vitale pour les populations en danger. D’autre part, et notamment depuis le développement des juridictions répressives internationales, la part du droit dans l’appréhension des problèmes internationaux et des problèmes internes à l’origine de menaces à la paix a sensiblement cru.

De plus en plus, se développent des actions périphériques en amont et en aval de la crise aiguë, actions par lesquelles on tente de promouvoir un respect ou une restauration du droit. En effet, le droit est un outil ; il peut permettre une action destinée à prévenir ou réparer les conséquences de certains conflits. Et, dans un monde où se multiplient les conflits internes, le rôle du droit interne dans la naissance de certaines tensions, et dans leur résolution est un domaine sur lequel l’accent mérite d’être renforcé. Dans ces actions internationales, conduites sur le terrain au nom du droit sont impliquées, ces dernières années des groupes de personnes civiles n'appartenant ni au corps diplomatique ni à la fonction publique internationale.

Ces personnes sont néanmoins investies de missions de la plus haute importance :

  • intervention entre les belligérants pour des priorités d'intérêt général (cadre de l'OSCE en Ukraine en 2014...)
  • assistance électorale aux pays en transition ou en voie de pacification;
  • supervision des comportements en matière de droits de l'homme, en post crise ou en cas de suspicion de menace à la paix civile (Rwanda, Burundi, Angola, Colombie) ;
  • et même, au Kosovo, pendant l'hiver 1998-1999 surveillance d'un cessez-le-feu ;
  • activité de reconstruction du système juridique, judiciaire ou pénitentiaire (Kosovo, Rwanda, Burundi, Haïti…), souvent exercée dans le cadre d’une ONG ;
  • participation à une administration internationale (Bosnie, Kosovo, Timor) ou à un groupe chargé de « construire la confiance » (Macédoine)

Le DESU JIDHA sensibilise ses étudiants à ces problématiques pour en faire des acteurs de terrain. Il forme des spécialistes des actions juridiques de terrain, dans la perspective des techniques contemporaines de gestion des crises internationales.  

 

A qui s’adresse le DESU JIDHA ?

Le DESU JIDHA s’adresse :

  • aux Étudiants inscrit en Master 2 la même année universitaire, ou qui sont déjà titulaires d’un Master 2 dans le domaine international ou des droits de l’homme ou de l’administration et qui veulent acquérir une aptitude à intervenir dans des milieux en crise ou post-crise ; 
  • aux Professionnels du droit qui veulent exporter leur savoir faire ; 
  • aux Professionnels de l’humanitaire (forte expérience) qui veulent acquérir une opérationnalité juridique ciblée sur la gestion juridique des crises sur le terrain.​

 

Que contient ce DESU ?

Ce DESU se déroule sur deux semestres, le premier étant plus léger (au 1er semestre, un professionnel peut éventuellement s’absenter pour une mission). Le DESU est constitué de 5 unités d’enseignements complémentaires qui se découpent de la manière suivante :

Unité d’enseignement 1 : « Normes internationales de protection »

  • Etudes de cas en Droit humanitaire avancé 
  • Le génocide et le droit 
  • Etudes de cas en Maintien de la paix 
  • Etudes de gouvernance 
  • Protections spéciales 
  • Droit des minorités et des autochtones

Unité d’enseignement 2 : « Techniques et structures de terrain »

  • Techniques de supervision et observation électorale et des droits de l’homme 
  • Techniques de négociation
  • Technique du cycle de projet
  • Missions internationales d’observation, d’interposition et de reconstruction
  • Techniques de reconstruction des services de police et justice​

Unité d’enseignement 3 : «Union Européenne, contexte international et gestion humaine des crises»

  • Gestion du cycle de crise : de la prévention à la reconstruction 
  • Relations extérieures de l’Union Européenne
  • L’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et la démocratie
  • L’Union Européenne et la gestion civile des crises
  • L’Union Européenne et la gestion militaire des crises
  • Géopolitique et gestion humaine des crises

Unité d’enseignement  4 : « Droits de l’homme appliqués »

  • Les systèmes régionaux de protection des droits de l’homme 
  • L’opérationnalisation des droits de l’homme
  • Montage de projet « droits de l’homme »
  • Financements du développement et conditions liées à la gouvernance
  • Études de cas sur des projets droits de l’homme
  • Activités des ONG « droits de l’homme » dans le Sud​

Unité d’enseignement 5 : « Recherche et argumentation »

  • Grand Oral
  • Stage obligatoire*
  • Travail écrit de recherche​

*Sont dispensés du stage les étudiants qui suivent en même temps le Master « Action et Droit Humanitaires » et effectuent un stage dans le secteur des droits de l’homme appliqués, du développement institutionnel et de la reconstruction.

 

Quelles compétences ce DESU permet-il d’acquérir ?

Les compétences ou capacités attestées acquises durant l’année sont les suivantes :     

  • Connaissance des normes de protection de l’être humain et de ses droits fondamentaux ;
  • Aptitude à mener des activités juridiques de terrain ;
  • Connaissance des techniques de montage de projet.

 

Quels sont les débouchés ?

Basées sur les professions exercées par des anciens étudiants de ce DESU, voici un exemple des débouchées possibles:

  • ONG : sur le terrain (en vue du recueil de témoignages destinée à éclairer une crise) ou au siège (pour travailler à des rapports de synthèse). Cette action peut être exercée, dans le cadre d’organisations créées dans un but humanitaire (MDM...), ou celui d’organisations délibérément orientées vers les droits de l’homme (Amnesty International, FIDH, Human Rights Watch...).
  • Services du Programme des Nations Unies pour le Développement et de la Banque Mondiale concernés par les problèmes de gouvernance.
  • Juridictions pénales internationales, ou nationales avec une composante internationale, intervenant en post-crise.
  • Cadre para-diplomatique : missions de terrain d'organisations telles que l'OSCE (un nombre très important de diplômés travaillent ou ont travaillé dans les Balkans au sein de telles missions), les Nations Unies, l'OEA, l'Union européenne (des diplômés travaillent dans des Délégations de l’UE), le Conseil de l'Europe, organismes privés de facilitation de négociations.​

 

Les PLUS de ce DESU

  • La venue d’une soixantaine intervenants extérieurs - professionnels de terrain - qui permet, outre un contact de première main avec le monde humanitaire, la constitution d’un réseau et carnet d’adresses primordiale pour bien démarrer / continuer une carrière dans le monde humanitaire, à laquelle s’ajoute des interventions “in-house” par d’anciens étudiants aujourd’hui professionnels qui permettent l’appréhension des possibilités de carrières et débouchées de ce diplôme.
  • De nombreuses simulations et cas pratiques, des mises en situation réelles se déroulant sur plusieurs jours.
  • La reconnaissance et valorisation de ce diplôme sur le marché de l’emploi du monde humanitaire.
  • Une offre de formation bilingue (Français - Anglais) et parfois en Espagnol.

 

➔ Comment se porter candidat ?

NOTA BENE: Pour les DESU, les candidatures doivent être envoyées directement à l'Institut d'Etudes Humanitaires Internationales.

1. Contacts :

Institut d’Etudes Humanitaires Internationales
Aix-Marseille Université
Faculté de droit et de science politique
Bât. Portalis – bureau 036
3, avenue Robert Schuman
13628 AIX-EN-PROVENCE CEDEX 1

Tél: 04.42.17.29.74. / 04.42.17.25.91

 

Messagerie électronique : rossitza.barakova@univ-amu.fr

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