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A l’occasion de la publication de la traduction anglaise du texte de Paul Ricœur « La souffrance n’est pas la douleur » dans la revue Études ricoeuriennes / Ricoeur Studies (https://lnkd.in/eN5pzYrW), une Journée d’étude interdisciplinaire est organisée à l’hôpital Hôtel-Dieu.
Le fait que cette journée de réflexion se tienne dans un hôpital souligne l’urgence de penser la place de la souffrance dans la médecine, une place qui n’est pas encore entièrement définie.
Si la douleur a bénéficié d’une définition médicale internationale en 1976, ouvrant la voie à de nombreux champs de recherche dans différentes sciences et contribuant au développement de pratiques médicales et de soin, la souffrance, quant à elle, reste largement impensée. Elle n’est pas définie dans le corpus médical et ne fait pas non plus l’objet de pratiques professionnelles spécifiquement dédiées. Il semble qu’un grand partage s’opère entre, d’une part, la douleur, perçue comme une expérience physique relevant de la médecine, et, d’autre part, la souffrance, souvent associée à des dimensions morales ou existentielles, et sur lesquelles la médecine ne pourrait donc tenir aucun discours ni développer des soins. Pourtant les professionnels de santé sont confrontés quotidiennement à des patients en souffrance dans l’espérance d’un soulagement – qui dépassent l’expérience de la douleur ressentie dans le corps. La souffrance soulève des enjeux éthiques, notamment en ce qui concerne la relation entre soignants et souffrants.
Ces enjeux appellent à repenser la compréhension de la souffrance dans une perspective à la fois clinique et philosophique, y compris au-delà de sa partition avec la douleur.