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Économie bleue et savoirs locaux – Université de Lomé – (Togo) date limite (résumé) 30 06 2026

Mise en ligne 17 02 2026

Annonce Calenda 1 351 288

Dans un contexte de pressions croissantes sur les littoraux africains, notamment l’érosion, la surpêche, la pollution, les conflits d’usage, l’économie bleue s’impose comme un horizon stratégique pour concilier développement économique, inclusion sociale et durabilité écologique. Cependant, cette notion, souvent promue par des instances internationales, repose sur des approches technocratiques et descendantes, qui tendent à marginaliser les savoirs locaux et les pratiques culturelles issues de l’expérience des communautés littorales. En Afrique, ces savoirs, longtemps perçus comme « traditionnels » ou « informels », constituent pourtant un réservoir de compétences, de normes d’usage et de représentations du monde marin, essentiels pour penser une gestion intégrée et située des ressources marines et côtières. D’un point de vue sociologique, ce colloque s’inscrit dans la lignée des travaux sur la co-production des savoirs (Jasanoff, 2004), les biens communs environnementaux (Ostrom, 1990) et la gouvernance participative (Fung et Wright, 2003), qui interrogent la manière dont les savoirs scientifiques et profanes peuvent dialoguer pour construire des politiques publiques légitimes, efficaces et équitables. Il s’agit de dépasser une vision strictement extractiviste de l’économie bleue pour lui donner une portée territoriale et sociale, en replaçant les acteurs locaux, comme les pêcheurs artisanaux, les femmes transformatrices, les guides écotouristiques, etc., au cœur des dynamiques d’innovation, de régulation et de valorisation.

Par ailleurs, dans une perspective postcoloniale, la reconnaissance des savoirs locaux permet également de remettre en question les hiérarchies épistémiques héritées de la modernité occidentale (Santos, 2011), et d’ouvrir la voie à une « écologie des savoirs » capable de répondre aux défis du changement climatique, de la sécurité alimentaire et de la justice environnementale.

Ainsi, ce colloque vise à interroger les conditions théoriques, pratiques et politiques de la valorisation des savoirs locaux dans les dynamiques de l’économie bleue, à travers une approche interdisciplinaire et comparative, ancrée dans les réalités africaines.